Les Brésiliens, ces œnotouristes méconnus à forte valeur ajoutée

En Europe, on a coutume de décrire le Brésil comme un pays au potentiel intéressant, rarement comme un marché prioritaire. En revanche, les États-Unis l’ont érigé en marché stratégique depuis 2010. Voyageurs au goût démesuré pour le shopping, les touristes brésiliens y représentent désormais les troisièmes plus grands consommateurs de produits et services touristiques. Dans cet article, Castas & Climas vous emmène à la découverte des œnotouristes brésiliens pour lever quelques a priori.


Œnotouristes brésiliens : les deux visages d’une clientèle exigeante

Avec le développement du marché du vin au Brésil depuis les années 2000, une nouvelle catégorie de touristes a vu le jour. Aujourd’hui de plus en plus nombreux et avertis, les œnotouristes brésiliens ne constituent pas pour autant un ensemble homogène aux comportements et attentes similaires. En effet, on peut distinguer parmi eux deux catégories spécifiques. D’une part, les amateurs de vin ; d’autre part, les amateurs de la culture du vin.

Néanmoins, ils ont en commun une grande curiosité, une soif d’échanges et un niveau très élevé d’exigence quant à la qualité de l’accueil, tant en termes de services que d’infrastructures. En somme, ils désirent tous vivre une expérience unique et inoubliable, chacun selon les critères qui lui sont propres et selon l’objectif du séjour œnotouristique.

La clientèle brésilienne représente un enjeu de taille pour l’œnotourisme français.

Amateurs de vin ou amateurs de la culture du vin

Pour les amateurs de vin, œnotourisme rime avant tout avec visite de vignobles, rencontre de producteurs, dégustation et achat de vin. Ils sont certes en quête de plaisir, mais souhaitent aussi engranger des connaissances sur les vins et spiritueux et les méthodes de production. Apprendre et ressentir pour mieux comprendre les produits, telle est leur préoccupation.

Quant aux amateurs de la culture du vin, œnotourisme est pour eux synonyme de dépaysement. Ils y voient la promesse de paysages à couper le souffle et d’un voyage dans le temps. Ce qu’ils privilégient, c’est l’architecture, le patrimoine viticole et l’histoire des vignobles. Ils souhaitent aller à la rencontre des locaux, découvrir l’âme d’une région, partager des moments authentiques et remarquables.

Portrait type

Au Brésil comme à l’étranger, les œnotouristes brésiliens voyagent en couple ou en famille, voire en petit groupe d’amis. Ils relèvent des catégories socio-économiques A, B et C (C. S. P. + à ++). La durée de leur séjour est de cinq jours en moyenne.

Les œnotouristes brésiliens qui voyagent uniquement en Amérique du Sud sont moins aisés que ceux qui se rendent aussi aux États-Unis ou en Europe. Ces derniers appartiennent aux classes A et B (C. S. P. ++).

Il s’agit majoritairement de couples, âgés de 35 à 55 ans, citadins et diplômés. Hyper-connectés, ils ne peuvent pas se passer d’Internet pour organiser leur voyage. Une écrasante majorité y sélectionne sa destination, et la plupart achètent même leur séjour en ligne.

Hyper-connectés, ils ne peuvent pas se passer d’Internet pour organiser leur voyage.

Principales destinations

Autrefois inconditionnels des voyages dans les vignobles européens de tradition pluri-séculaire, les Brésiliens semblent désormais privilégier le continent américain. En effet, ils se tournent de plus en plus vers le Chili et l’Argentine depuis les années 2000. Tandis qu’auparavant leurs destinations de prédilection étaient l’Italie, la France, le Portugal et l’Espagne.

De fait, Chili et Argentine ont beaucoup communiqué pour attirer l’attention du grand voisin sur leurs vignobles. Par ailleurs, depuis la fin des années 1980, le Brésil est une destination œnotouristique qui propose une offre variée et dynamique, et attire plus d’1 million d’œnotouristes brésiliens et étrangers tous les ans.

En matière de conquête déterminée des touristes brésiliens, les États-Unis s’illustrent ! De fait, au début des années 2000 le pays attirait 275 mille visiteurs brésiliens. Et ces derniers dépensaient sur place 379 millions d’US$. En 2015, ils ont été plus de 2,5 millions à choisir cette destination. Et y ont dépensé plus de 15 milliards d’US$.

Parmi ces visiteurs, 475 mille Brésiliens étaient principalement attirés par la gastronomie, les vins et les spiritueux. Les œnotouristes représentent donc aujourd’hui quasi 20% des visiteurs brésiliens aux États-Unis. A l’échelle de la Californie, cette part bondit à 40%.

Les œnotouristes représentent aujourd’hui quasi 20% des visiteurs brésiliens aux Etats-Unis. A l’échelle de la Californie, cette part bondit à 40%.

Une stratégie gagnante

Cette évolution fulgurante est l’œuvre de la récente Agence américaine pour la promotion mondiale de la destination États-Unis. Depuis sa création, elle a fait du Brésil l’un de ses marchés cible prioritaires. D’éloquents résultats tendent à valider la pertinence de ce choix. L’Agence estimait ainsi en 2015 que chaque dollar investi en marketing sur le marché brésilien avait rapporté 114 US$ en un an.

Simultanément, une campagne résolue de sensibilisation et d’accompagnement a été menée auprès des acteurs des vignobles. Ce pour favoriser leur montée en compétences et adapter leur offre œnotouristique aux attentes de la clientèle brésilienne. Parmi les mesures concrètes, citons par exemple la traduction de la documentation en portugais du Brésil, ou l’embauche d’employés lusophones.

Une clientèle à haute valeur ajoutée

Les touristes brésiliens ont un goût immodéré pour le shopping et les articles de luxe. Aux États-Unis, chaque touriste brésilien dépense en moyenne 7 360 US$ par séjour. Cela y fait d’eux les troisièmes plus grands consommateurs de produits et services touristiques. Parfums, vêtements, high-tech, vins, whiskys et gastronomie sont les principaux objets de leur attention.

Bien que la France accueille 1,1 million de touristes brésiliens, les retombées sont bien moindres qu’aux États-Unis. En effet, les touristes brésiliens dépensent en France 1,8 milliard d’euros par an, c’est-à-dire 1 660 US$ en moyenne par personne. C’est quatre fois moins que les dépenses effectuées outre-Atlantique, soit un manque à gagner annuel de 7 milliards d’euros pour notre économie.

Pour aller plus loin

Comme nous l’avons vu dans cet article, la clientèle brésilienne représente un enjeu de taille pour l’œnotourisme français. Faites confiance à Castas & Climas pour vous accompagner dans toutes vos étapes d’internationalisation, du lancement au développement de votre activité sur le marché brésilien : analyse de marché, conseil export, action commerciale.



Crédits photographiques : Castas & Climas

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